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23.02.2008
Pour Monsieur André Savelli et avec Mes Respects!
Il y a quelques semaines de ça, j’avais laissé un post (LIRE) et y attachais une lettre adressée à Monsieur Bouteflika Président de la république algérienne écrite par Monsieur André Savelli professeur agrégé du Val de Grâce. J’avais trouvé le ton et la justesse de ses arguments tellement vrais que cette lettre ne pouvait pas avoir été écrite par un néophyte….Et pour cause !!!!
Le Professeur André Savelli est né en 1927 à Rabat de parents originaires de Blida et Oued El Aleug. C’est l’aîné de 7 garçons, il fait ses études secondaires à Rabat. Il entre à la Faculté de Médecine d’Alger en 1945 puis à l’Ecole du Service de Santé de Lyon. Il passe sa thèse à Alger sous la direction du Professeur Benhamou puis passera trois ans comme médecin militaire à In Salah avant de rejoindre le 1er RTA à Blida. En 1961 il sera chef du service psychiatrique de l’Hôpital Maillot puis sera nommé Professeur Agrégé au Val de Grâce. Par la suite il fut Chargé de Cours en psychopathologie à la Faculté des Lettres de Montpellier et Chargé de Criminologie Psychiatrique à la Faculté de Droit. Il est l’auteur d’une centaine de publications en psychopathologie. Il est Chevalier de la Légion d’Honneur, Officier de l’Ordre National du Mérite et membre de l’Académie des Sciences et des Lettres de Montpellier.
Extrait du témoignage du Professeur André Savelli : Source : Le mérite N° 116 du mois de janvier 2008.
-« L’œuvre humanitaire du Service de Santé des Armées, si vaste et si dense à travers le monde, de façon continue pendant plus d’un siècle, mériterait d’être mieux connue. Je témoignerai de cette action uniquement au Sahara, dans les Territoires du Sud algérien de 1900 à 1976, où j’ai exercé de 1953 à 1955. En effet, après le doctorat à Alger et un an d’application à l’hôpital de Val de Grâce à Paris, ma première affectation fut le Sahara avec pour unique mission l’assitance médicale aux populations. En août 1953, je gagnais mon poste l’oasis d’In Salah, 20 000 habitants, y compris les petites oasis périphériques et les nomades, au cœur du Tidikelt, à 1 000 kms au sud d’Alger ». (…)
Avant l’arrivée des premiers pionniers français descendus de l’Algérie vers la Croix du Sud, à
travers des étendues à peu près vides, les autochtones, sous-alimentés, étaient
continuellement victimes de la famine, des épidémies et des pillards. Aucune nation civilisée ne s’était occupée d’eux. Le schéma ci-dessus permet de situer géographiquement les Territoires du Sud algérien, trois fois plus étendus que la France – 2 150 kms est-ouest et 1 650 kms nord-sud- avec ses deux grands départements, de la Saoura et des Oasis.
Avant 1945, officiers et médecins y circulaient, à pieds à cheval ou à dos de chameau. Dès les premiers temps de l’installation française en Algérie,
en 1830, et au fur et à mesure de la pénétration de nos troupes, le souci de faire assurer les soins aux autochtones dans ses formations sanitaires, ambulances des colonnes mobiles et hôpitaux de campagne. Cette pratique avait rencontré un grand succès auprès des habitants. « Il n’est pas fait plus établi, écrivait Lyautey, que l’efficacité du médecin comme agent de pénétration, d’alliance et de pacification ». On connaît son fameux télégramme à Gallieni : « Si vous pouvez m’envoyer quatre médecins de plus, je vous renvoie quatre compagnies ».
Aussi, lors de l’occupation de Sahara, après les combats d’In Salah et d’In Rhar pour
protéger la mission scientifique Flamand-Pein, en 1900, le corps de santé a poursuivi son œuvre d’assistance médicale aux populations. (….) Les circonscriptions médicales des Territoires du Sud, 15 en 1918 et 35 dès 1960, se répartissent entre les départements des Oasis et celui de la Saoura. Elles sont centrées sur les établissements de l’Assistance médicale, infirmeries et formations secondaires. (…) Le développement croissant des besoins oblige l’administration à réaliser un programme de construction en dur.
C’est dans l’oasis rouge de Timimoun, qu’a exercé à cette époque le médecin-général
Edmond Reboul quand il était lieutenant. Lauréat de l’Académie française et de l’Académie de médecine, son premier livre, Si Toubib (prix Vérité 1958), relate la vie romancée d’un médecin militaire au Sahara. A Laghouat, après un dispensaire en 1949, est créé un pavillon de chirurgie avec une maternité en 1956, un pavillon de contagieux à Djelfa et une infirmerie-hôpital de cent lits à El Oued. Il existait en 1960, 26 infirmeries dispensaires.
Le nombre de lits organisés dans ces établissements varie d’une dizaine comme à In Salah à 130 à Djelfa. Il compte, en 1960, plus d’un millier de lits auxquels s’ajoutent ceux des hôpitaux militaires de Colomb- Béchar (120) et Ouargla (80). Ces infirmeries sont pourvues de matériel d’exploitation et d’ameublement des plus modernes, et d’un outillage technique de qualité avec salle d’opération, maternité, pharmacie, laboratoire de microscopie ; 25 possèdent une installation radiologique. Les formations secondaires – postes de
secours ruraux ou dispensaires anti-ophtalmiques- sont implantées dans les petits oasis satellites. Elles comportent un local de consultation, et souvent un petit logement pour les infirmiers auxiliaires. Ces derniers donnent les soins courants entre les visites médicales et servent d’agents de renseignement sanitaire en cas de menace d’épidémie ou de malade intransportable.
J’ai le souvenir, à cet égard, de l’infirmier de la petite oasis d’In Rhar, ayant couru 50 kms pour me prévenir qu’un vieillard semi comateux n’urinait plus. A la réflexion, il devait être plus jeune que moi aujourd’hui ! Son ventre de femme enceinte par distension vésicale, justifie la pose d’un cathéter à travers la paroi abdominale pour vider lentement la vessie. Transport à l’hôpital d’In Salah ; impossible de passer une sonde. J’ai dû opérer, mon infirmier chef au masque à l’éther pour l’anesthésie, et le manuel de chirurgie opératoire tenu devant mes yeux par une infirmière ; je n’étais pas fier ! Grâce à Dieu et aux antibiotiques, ce patient guérit. Dès lors, les consultations augmentèrent bien malgré moi ! Le nombre de ces dispensaires (les fameux biout el aïnin ou maison des yeux), dont l’importance est primordiale en matière de lutte contre les affections oculaires et surtout le trachome, a été multiplié : 25 en 1930, 51 en 1940, ils passent à 135 en 1958. Le personnel a progressé en qualité et en quantité. Jusqu’en 1918, le médecin n’avait qu’un infirmier local, aidé de quelques hommes de peine. En 1945 existent 246 personnels dont 135 soignants, et en 1960, 419 dont 13 sages-femmes, 2 assistantes médico-sociales, 41 infirmiers dont 27 sœurs blanches, et 363 personnels communaux.
Mon commentaire:
Alors, faudrait-il rappeler à Monsieur le Président algérien Abdelaziz Bouteflika qui affirme: -« Un système colonial "injuste" mis en place par la France en Algérie (1830-1962) » que la France n’a pas fait que la guerre en Algérie ???... Si le système de santé algérien actuel était si bon et si le « système colonial injuste de la France » était aussi mauvais et que le poids de « l’asservissement et de l’exploitation » étaient si lourds à porter; pourquoi aurait-il besoin de venir se faire soigner au Val De Grâce, à Paris ? En France ?
05:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Monsieur André Savelli; Professeur Agrégé André Savelli; la vie



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Commentaires
Merci pour ce témoignage qui montre bien (si cela était encore necessaire) la véracité des propos de nos "médias".
Desinformation perpétuelle!!!!!
Ecrit par : Jeff | 24.02.2008
Reboul ? Il dirigea pendant de nombreuses années le service de gynécologie à l'hôpital Bretonneau de Tours.
Ecrit par : tinou | 06.03.2008
Bonsoir Tinou,
Je ne pense pas que ce soit le même....pas sur!!!
Bonne continuation
Ecrit par : Diskret33 | 11.03.2008
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